Mon trail de deux jours sur le sentier Victor dans le Beaujolais
Du 5 au 6 mars 2024, j'ai fait un trail de 83 km et 2900 m de dénivelés positifs sur le sentier Victor dans le Beaujolais. Je vous raconte mon périple.
Mon périple de deux jours sur le sentier Victor
Lorsque j'ai décidé de me lancer dans ce défi que représentait le sentier Victor en intégralité sur deux jours, je savais que je m'engageais dans une aventure sportive exigeante. Traverser le Beaujolais en rando-course sur près de 85 km, avec 2900m de dénivelé positif cumulé, allait mettre à rude épreuve ma résistance physique et mentale. Mais l'appel de la nature et l'envie de vivre une expédition inoubliable dans ma région étaient trop forts. C'est ainsi que je me suis lancé dans ce périple mémorable de deux jours le long de ce sentier.
Jour 1: 42,5 km et 1250m D+ à travers les crus du Beaujolais
La première étape s'annonçait déjà intense, avec près de 43 km à parcourir et un dénivelé conséquent. Mon objectif était de traverser six crus prestigieux du Beaujolais: Régnié, Morgon, Chiroubles, Fleurie, Moulin à Vent et Chénas. Je suis parti vers 8h30 du matin afin d’avoir assez de temps pour ne pas finir le parcours de nuit.. Les premiers kilomètres en partant de Beaujeu, puis dans les vignes de Régnié, alternant entre petite route et chemins, m'ont permis de bien m'échauffer.
J'ai ensuite enchaîné les montées dans les côtes en direction de Morgon, appréciant les premiers panoramas sur les vignobles qui ondulaient à perte de vue, notamment une très belle vue sur le Mont Brouilly. Quelques gouttes de pluie sont venues perturber mon avancée en direction de Chiroubles, me contraignant à sortir mon K-way. La pluie tombant de plus en plus fort, je choisissais de m'arrêter à Saint Joseph, pour me ravitailler, abrité sous l’ancien lavoir.
A ce moment-là, j’ai commencé à douter, obligé de repartir sous une pluie battante, me demandant si j’étais assez équipé pour aller au bout de ce trail en autonomie, si jamais la pluie décidait de m’accompagner jusqu'à la fin! Ecouteurs sur les oreilles je me dirigeais en direction de Fleurie et heureusement pour moi la pluie s'est arrêtée. Les sentiers de plus en plus escarpés, ont commencé à mettre mes muscles à rude épreuve mais la vue sur les rangées de vignes se découpant dans le lointain m'a donné un regain de motivation.
Après une superbe vue au sommet d'une colline surplombant le Moulin à Vent, la descente technique jusqu'à Chénas m'a permis de souffler un peu et de reposer mes jambes. Mais la fatigue commençait à se faire sentir malgré mon entraînement. Les 5 derniers kilomètres ont été difficiles, notamment à cause du vent frais qui soufflait. J'ai finalement atteint le gîte en fin d’après-midi, fatigué, mais fier d'avoir bouclé cette étape initiale de 42,5 km en 7h 50.
vidéo du 1er jour: https://youtu.be/ZnD7WjTYHTs
Jour 2: la partie la plus difficile, mais aussi la plus belle récompense
Bien reposé après un bon repas avec mon épouse et mon fils, une nuit réparatrice, mais aussi une bonne séance d’étirements et quelques soins pour soigner mes ampoules aux pieds… J'ai repris la route vers 9h30, bien déterminé à terminer mon périple. La marche rapide jusqu'à Juliénas, dernier cru traversé par le sentier Victor, m'a remis en jambes. Mais la suite s'annonçait plus difficile, avec la montée raide jusqu'à Vauxrenard et les trois principales difficultés annoncées: le col de Durbize, le col du Fut d'Avenas et surtout la montagne de Rochefort culminant à plus de 880m.
je me suis lancé dans l'ascension du col de Durbize, une bonne partie du temps sur des chemins forestiers. J’ai raté de peu les coureurs cycliste du Paris Nice, qui traversaient le Beaujolais ce même jour. Continuant mon ascension, j’ai pris beaucoup de plaisir dans les pentes rocailleuses des terrasses de Chiroubles, en direction du fût d’Avenas, la vue à 360 ° étant tout bonnement époustouflante. En arrivant sur le col du fut d’Avenas, je pouvais apercevoir de la neige ici et là. Mais c’est vraiment lorsque je me suis attaqué à la côte finale menant au sommet de la montagne de Rochefort, que la neige a vraiment fait son apparition tout autour de moi. Éreinté, c'est dans mon mental que j'ai dû puiser pour maintenir mon rythme.
Une fois au sommet, étourdi par l'effort et par le paysage derrière la majestueuse Croix de Rochefort, j'ai pu m'accorder quelques minutes de récupération bien méritées. Puis je me suis décidé presque naturellement, il me restait 8 km pour rejoindre Beaujeu, terminus de mon aventure, galvanisé à l'idée d'en finir, ignorant mes ampoules aux pieds, et mes jambes raides, je courais sans m'arrêter dans la descente, slalomant entre les pierres et les racines.
Après plus de 7h30 d'effort, j'ai enfin atteint Beaujeu, ému et épuisé mais fier du challenge relevé. C'était un sacré moment que je n'oublierai pas!
Vidéo du 2ème jour: https://www.youtube.com/watch?v=M0PnNSRcP2o&t=9s
Bilan de deux jours épiques
Avec 83 km et presque 3000m de dénivelé cumulés sur deux jours, mon périple sur le sentier Victor restera gravé dans ma mémoire comme l'une de mes aventures sportives les plus intenses. C’est aussi à mon sens un acte inaugural, un pas de fait en direction de l'ultra Trail…
Mais au-delà du défi athlétique, ce voyage m'a permis de mieux appréhender l'âme de cette belle région, entre sa culture viticole et ses sentiers escarpés offrant des points de vue à couper le souffle. Une formidable immersion dans la diversité des paysages du Beaujolais, entre vignobles, forêts et sommets dominants la vallée. Ce périple, je le recommande chaudement à tous les amoureux de randonnée et de trail-running. Que ce soit sur 4 jours, 2 jours ou même en une seule fois, peu importe … Mais quel sentiment d'accomplissement à l'arrivée !
Partenaires, sources:
https://www.destination-beaujolais.com/le-sentier-victor.html

